Portrait Flassannais : Jean Icard

Qui ne connaît pas ou n’a jamais vu, à Flassans, Jean Icard ?

Sa démarche particulière et sa spontanéité appréciée de tous en font un personnage incontournable mais toujours discret du village. Né à Flassans le 12 janvier 1938, Jean ira à l’école jusqu’à ses 14 ans, l’âge auquel il rejoindra au travail des champs, ses parents, Émilie dite Lili et Albert.

La fin des années 1950 symbolise la mobilisation en Algérie, d’où Jean reviendra en 1961. Ses projets l’amenaient à reprendre la campagne tenue par sa famille mais trois ans consécutifs de froid et de grêle ont poussé Jean à accepter la proposition du Maire de Flassans M. Magne, à accepter un emploi à la maison de retraite du Luc. Embauché en tant que cuisinier, Jean va très vite s’occuper du jardin en raison d’une hépatite virale qui l’éloignera des cuisines.

Parallèlement à cette activité, Jean s’occupera également de la campagne familiale. Il fondera une famille avec Berthe qui lui donnera un enfant, Denis, et deux petits-enfants : Xavier et Audrey. Devenu veuf, il épousera en 1993 Hélène, son amie d’enfance. A sa retraite, Jean s’occupera pleinement de la campagne. S’il est profondément attaché à son village, il ne s’est pas pour autant refusé de s’ouvrir à d’autres horizons européens : Italie, Hollande, Allemagne, Autriche, Espagne ou Baléares. Dans les années 1980, il perdra ses deux parents, et après plus de 20 ans à gérer, entretenir et valoriser la campagne familiale, il la vendra en 2008.

Homme à la mémoire impressionnante, Jean s’engagera dans la vie associative du village et tient encore aujourd’hui, à presque 80 ans, à œuvrer pour le maintien de la culture provençale et du patrimoine flassannais. En 1999, Maître Martin, ancien notaire de Flassans, connu de tous, lui passera le flambeau de l’Association des amis du vieux Flassans et de Notre-Dame de Consolation. Parallèlement à cet engagement, Jean deviendra en 2008, vice-président de l’Association de Sauvegarde du Château des Pontevès. Il œuvrera également au sein de l’association Flassans Passé-Présent, qu’il préside toujours depuis 2000. Féru de provençal, préférant prononcer les heures à la provençale, il reprend également l’école, créée par Simone Brissi et dédiée à l’enseignement de cette langue. Avec l’aide de Guy Revest, Majoral du Félibrige, il contribue à perpétuer le parler provençal tous les vendredis de 17h30 à 19h30 au 1er étage du Moulin.

Quand on lui demande quel est son souvenir le plus vivace, Jean replonge dans son enfance et évoque avec une émotion particulière la Libération de Flassans. Qui sait que sa famille et le courage qu’elle a eu a permis aux forces alliées de déjouer le système de défense allemand ? S’il ne s’en vante pas, Jean reconnaît bien plus volontiers qu’à l’époque, la solidarité existait dans tous les esprits résistants et qu’il ne s’agissait pas d’oeuvrer individuellement mais bel et bien collectivement. Un tacle assumé envers la société auquel Jean ajoute un souhait pour les années à venir et qui traduit tout l’engagement d’une vie : transmettre aux plus jeunes les traditions et techniques viti-vinicoles et celles de la greffe d’oliviers.

Tant qu’il le pourra, Jean souhaite assurer les visites guidées du village. Elles se déroulent à trois occasions dans l’année : au 14 juillet, durant la Fête locale et pour les Journées européennes du Patrimoine et à la demande pour les groupes de 5 à 15 personnes.