Portrait Flassannais : Martine Mourgues

Sa démarche colorée interpelle l’œil grâce à son manteau violet, tout autant que son port de tête, héritée de longues années de pratique de la danse.

Martine Mourgues est, de toute façon, « une femme de terrain plutôt que de bureau ». Discrète, ne se mettant jamais en avant, Martine a en elle une rage de vivre brûlante que nous avons souhaité comprendre, pour mieux vous la restituer.

Martine, où tout a commencé ?

A La Rochelle, j’y suis née en 1956. De mon enfance, j’ai tiré la passion de la danse. Quand j’ai été contaminé par le virus de la danse, c’était l’époque des jupons gonflants, l’époque de Brigitte Bardot.

Pourtant, vous n’avez pas appris et enseigné la danse tout de suite ?

Effectivement, je me suis marié avant. J’avais 18 ans quand je me suis mariée, car l’âge légal du mariage pour les femmes venait d’être abaissé. La danse n’est pas le seul virus que j’ai accepté : celui de l’athlétisme était dévorant, j’ai toujours eu besoin de pratiquer et plus particulièrement la marche athlétique. J’ai rencontré mon mari sur les stades d’athlétisme d’ailleurs (rires), à l’époque je courais le 800 m. Avant de fonder le club Évasion avec Mme Fournier, j’ai travaillé en entreprise. A l’époque, quand mon mari dessinait des moteurs de torpilles, je fabriquais des potentiomètres pour la fusée Ariane.

Danse, athlétisme, il y a d’autres cordes à votre arc ?

Oui, la contorsion. Au travers d’Ormalines, que j’ai créée en 1998. A l’époque, c’était la seule école de contorsion en France. Cette association a fait pas mal de plateaux et reportages pour la télévision. Par exemple, on a participé à l’émission « C’est mon choix » à ses débuts, ou encore « Graine de Star ». Nous avons même été diffusés lors du journal de Jean-Pierre Pernaud ! J’ai également eu plaisir à travailler avec Véronique et Davina, à organiser des stages et permettre l’apprentissage de l’aérobic dans le Périgord. A l’époque, je faisais les costumes moi-même ! Pour cela il a fallu s’équiper de machines, et c’est mon mari qui faisait les patrons. Tôt le matin, vers 5h00, je commençais à coudre. Nous travaillions alors avec les églises du département, on nous commandait des tenues pour le Carnaval, etc.

Revenons à la danse. Évasion, est-ce le projet d’une vie ?

J’enseignais la gymnastique avant de créer l’Évasion. Et pour la danse, il fallait des diplômes. Je suis donc retournée à l’école, pour obtenir les précieux sésames en danse classique et moderne jazz. J’ai même poursuivi jusqu’à obtenir le monitorat de fitness ! Tout a commencé en 1982. Et nous sommes en 2019. Presque 40 ans suffisent-ils à définir le projet d'une vie ? 

Comment l’aventure s’est-elle muée en succès ?

Lorsque le club est fondé en 1982, il y avait une vraie demande en centre-Var, à Flassans, mais aussi dans tous les villages alentours. Rapidement, les cours sont devenus itinérants, de Sainte Anastasie aux Mayons en passant par Besse, Pierrefeu, Gonfaron, Le Luc, Cabasse et Pignans. C’était la première fois que le concept de cours de danse itinérants était lancé. Je me souviens quand Hubert Falco, alors conseiller municipal de Pignans, est venue me voir en me proposant de reprendre le flambeau de la danse : je n’ai pas hésité. C’est comme cela que l’Évasion a été lancée.  

Qu’est-ce qui vous a fait revenir à la danse et à vos premières amours ?

Pour des raisons personnelles, j’ai dû mettre l’Évasion entre parenthèses. Ces dernières se sont rouvertes après une rencontre due au hasard en 2018, et au fait que l’Évasion est arrivée dans la discussion. Je n’aurai rien su du devenir du club autrement. On m’a annoncé que l’Évasion allait mettre la clé sous la porte. Je ne pouvais pas y croire. J’ai donc enfilé à nouveau mon costume de présidente de l’association et avec énergie, tout a été remis en route.

En vous écoutant, on a l’impression que tout est une question de défi ?

Relever mes manches a toujours fait partie de ma vie. En 2000, il a fallu reprendre la gestion de l’association après une mauvaise expérience. Puis en 2018, une nouvelle fois. Aujourd’hui, je cherche à pérenniser l’association, que des bonnes volontés puissent se joindre au mouvement et faire fonctionner l’association. Je crois que ma ténacité vient du sport.

Justement, parlons sport. Peu de personnes connaissent votre palmarès en athlétisme…

Effectivement, peut-être parce que ce qui me préoccupe à temps plein, c’est l’Évasion. En athlétisme, j’ai terminé vice-championne d’Europe du 10 et du 20 km en 2007, 4ème au championnat de France du 50 km en marche athlétique en 2013, puis 2ème aux championnats de France du 5000 m en 2015. Auparavant, j’avais remporté les 6h de Neuilly sur Marne. Longtemps, j’ai fait partie du TOP 5 de la marche athlétique féminine française, dans ma catégorie. Ce n’est pas tant le palmarès qui compte, mais plutôt la sensation d’avoir tout donné pour un sport qui m’a énormément apporté.

Un dernier mot à propos de Flassans ?

A l’époque où nous avons emménagé à Flassans avec Patrick, il n’y avait pas 1000 âmes dans le village. Nous étions un petit peu plus de 900. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé mais le village, lui, a gardé son âme, justement.